Fermer Radio-Canada

Le chef conservateur promet de fermer Radio-Canada et transformer en logements son siège torontois. Tout cela se ferait en prétendant maintenir des services à l’intention des francophones. Selon la présidente de la Fédération culturelle canadienne-française, Nancy Juneau, il est impossible de définancer CBC sans porter atteinte au cœur de Radio-Canada dans les communautés en situation minoritaire. Dans Options politiques, Howard Law, éditeur de MediaPolicy.ca observe qu’un Radio-Canada uniquement francophone, financé à hauteur de 600 millions de dollars par les coffres fédéraux, deviendrait une cible facile pour les électeurs anglophones. Ces derniers auraient peu d’intérêt à maintenir les services en français.
Dans plusieurs pays, des gouvernements s’en prennent aux médias publics. L’administration Trump a brutalement fermé les médias publics qui assuraient des services pourtant essentiels aux populations vivant dans des pays aux mains de dictateurs. En Israël, en Hongrie et dans d’autres pays, les gouvernements ont imposé des mesures qui affaiblissent les médias publics. Souvent ces mesures se veulent une réponse à ce que l’on présente comme des dérives « wokistes » ou de prétendus gaspillages dont se seraient rendus coupables les médias publics.
La promesse conservatrice repose sur la croyance que le « libre marché » pourrait livrer des émissions canadiennes originales sans qu’il soit nécessaire de dépenser des deniers publics. Cette variante du « gros bon sens » postule qu’on peut sans conséquences remplacer les médias publics et privés qui investissent dans le journalisme d’enquête par des influenceurs qui racontent leurs états d’âme sur You Tube.

Ce contenu a été mis à jour le 04/22/2025 à 10:06 AM.