Le jugement Corridart aux yeux du présent

La destruction de Corridart est l’un des pires cas de censure de l’histoire canadienne. Stéphane Baillargeon parle de la « honteuse affaire Corridart » tandis que la professeure Mathilde Baraband de l’Université du Québec à Trois-Rivières rapproche l’évènement des autodafés des années ’30. Le jugement Ayot c. la Ville de Montréal( [1981] C.S. 446) rendu par le juge Ignace-J Deslauriers le 20 mai 1981 rejetant le recours entrepris par les créateurs des œuvres démantelées est révélateur de la culture juridique de l’époque. Il s’attache à la valeur esthétique des œuvres; il ne traite pas de la liberté d’expression et encore moins de la liberté artistique. Le juge écrit que « personne n’a vu de beauté dans l’exposition Corridart, pas même les experts des différents demandeurs. » Il va même jusqu’à se surprendre que ces experts « n’aient pas voulu donner une définition précise de ce qu’est la beauté en art. »
Ce jugement reflète la culture juridique – les valeurs, croyances et réflexes partagés par la communauté des juristes – qui prévalait avant l’inclusion explicite des droits et libertés dans les lois québécoises.

Ce contenu a été mis à jour le 05/26/2026 à 8:25 AM.