Les données massives, ressource collective des univers connectés

Tous les objets connectés produisent des données. Les lois actuelles sur la protection de la vie privée se concentrent sur la relation entre l’information et l’individu. Elles ne sont pas conçues pour garantir que les données générées par toute une population dans les univers connectés soient utilisées de manière responsable. Les informations obtenues grâce au « consentement libre et éclairé » des individus servent néanmoins à générer de la valeur sur le marché publicitaire, le marketing ciblé et bientôt, dans la prédiction appuyée par l’intelligence artificielle de nos déplacements et de notre état de santé.
Comme le souligne François Blais dans le chapitre 1, les fondements des processus démocratiques risquent d’être mis à mal par l’utilisation de processus inéquitables effectués sur les big data. C’est une bonne raison de s’interroger sur le statut des ressources mobilisées pour soutenir des activités risquées pour l’intégrité de la communication politique.
Dans ce chapitre, je soutiens que les approches sous-jacentes des lois sur la protection des données ne parviennent pas à faire face aux défis posés par l’avènement d’un contexte dans lequel les données produites par les collectivités constituent un facteur de production de richesse. D’où la nécessité de repenser le statut des big data pour reconnaître qu’elles sont une ressource qui émane de la communauté et qu’à ce titre elles doivent être traitées comme une ressource collective. La reconnaissance du statut collectif des big data en tant que ressource fournit une justification aux mesures législatives destinées à protéger ou à restaurer la souveraineté des données dans les États démocratiques.

Ce contenu a été mis à jour le 11/25/2025 à 9:22 AM.